Mondial : « On est mauvais, mais qu'est-ce qu'on rigole ! »

juillet 2, 2018

L’Internet des objets va parfois se loger aux endroits les plus inattendus

Le Mondial serait, à en croire des sources ultra autorisées, la plus importante révolution planétaire : une manifestation mettant en communion trois ou quatre milliards de bipèdes humanoïdes devant de splendides apollons à la crinière iroquoise ou au torse tatoué qui se disputent la propriété d’un ballon rond. Dans un ballet qui n’a rien à envier aux charmes du Bolchoï, 22 joueurs deviennent durant 90 minutes les as de la relance, avec une efficacité bien plus redoutable que la meilleure Trumpitude tweetée au travers de la planète. Car il faut bien le reconnaitre, leur magique coup de pied fait le bonheur de bien des professions.

Les chaines télé engrangent des audiences stratosphériques et les recettes publicitaires associées. Les urgences de l’hôpital retrouve la joie de vivre: « tu vois, tonton, c’était rien, juste un petit coup de tension mais t’aurais pas dû t’énerver comme ça avec l’arbitre ».Dans l’économie, le foot réveille le textile convalescent et affole les courbes de ventes de pizzas, merguez et autres canettes en tout genre ! On rigole des bons mots des sportifs : « On va se souder les coudes » ou «le football, c’est comme les échecs, sauf qu’il n’y a pas de dés » garnissent efficacement les pages des tabloïds. On disserte à l’envie sur leurs coupes de cheveux et autres artistiques tatouages qui feraient pâlir de jalousie un Léonard de Vinci. Le foot c’est que du bon ! Plus efficace que le Prozac ou le Laroxyl, il étire la banane sur les visages à chaque but marqué. Et c’est bien cela qui fait sa force : une capacité infinie à nous sortir du quotidien !

Mais si on y regarde de plus près, et parce que vraiment je ne serai jamais un émérite chroniqueur sportif, la vraie grosse méga révolution qui déboule sur le sport de haut niveau tel un tsunami sur une cote lointaine, se cache dans les tréfonds digitaux  et se nomme « Big Data ». Mon coté légèrement retord me laisserait à penser que le Big s’applique tout autant aux données qu’à la taille du gâteau que l’industrie informatique, les opérateurs de réseaux et autres fournisseurs de logiciels commencent à se partager. Le Big Data, nom sorti de la magique invention d’un marketeur américain, n’est rien d’autre que l’exploitation rapide de données produites de façon massive par nos sociétés modernes et accessoirement par tous les footeux en déplacement en Russie. Il y a quelques années une start up utilisait les positions de nos portables couplée à une carte routière pour détecter les zones de bouchon. Elle est devenue Waze, nom devenu aussi commun et utile que frigidaire. Aujourd’hui, on peut mobiliser les accéléromètres de nos smartphones pour connaitre les tressautements de la voiture et détecter les nids de poules. Corrélée à d’autres, cette information permet une réparation plus rapide des chaussées. Ne rigolez pas : cela existe déjà. Et avec les objets connectés, IoT pour les intimes, le phénomène va encore s’accélérer. Une merveille? Pas si sûr, car la consommation énergétique de ces petits monstres connectés et bardés de capteurs est hallucinante et exponentielle. Un sujet qui pour l’instant est caché sous le tapis face aux infinies possibilités de ce nouveau système nerveux planétaire.

Les GPS fixés au dos des joueurs donnent les kilomètres parcourus. Les protèges tibia fournissent les accélérations instantanées à des staffs hyper-connectés. Une équipe pro peut générer dans les 10 millions de données, ouvrant l’opportunité de jobs rémunérateurs à de jeunes statisticiens boutonneux et sportifs répondant au doux nom de data scientists. L’objectif est évidemment de peaufiner la trajectoire optimale qui poussera le ballon dans la cage adversaire. Une chimère ? Pas tant que cela mais il faut toutefois se souvenir qu’au sommet des chaussures et de la silhouette musculo-squelettique du footballeur se trouve une masse gélatineuse grise répondant au nom de cerveau. Et celui-ci à la fâcheuse tendance de ne pas réagir exactement comme l’intelligence artificielle pourrait le penser.Mais le Mondial est là, alors relax et regardons cette course digitale.

Malgré tous les modèles Bigdataliens, il sera difficile d’intégrer les états d’âme du joueur recevant, quelques minutes avant le match, le mail assassin : « je te quitte ». Et paf, voilà t’y pas le dixième de seconde de trop dans une passe ou devant les buts qui met à plat toutes les belles stratégies ! A moins que l’entraineur technique, ayant compris l’importance des derniers profils Facebook, n’indique à son numéro xx qu’il est plus sage de rester sur le banc. Un boulot à QI 150 minimum,  pour les futurs sélectionneurs nationaux ?

Pas si sûr, car la seule vraie révolution qui puisse faire gagner une équipe n’est pas technique, c’est la relation humaine, la cohésion et l’envie ;  dans le foot, comme ailleurs !

Une façon d’oublier la trop célèbre phrase d’un ancien footballeur dont je tairai le nom : « On est mauvais, mais qu’est-ce qu’on rigole » ! Une autre époque !

André Montaud

am@thesame-innovation.com

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